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Halte naturelle dans un environnement industriel

Redonner des droits à la nature autour de l’Unité de Valorisation Énergétique Valaubia : c’était un engagement de Veolia intégré à son contrat de Délégation de Service Public avec le SDEDA. Le projet consiste d’abord à remettre la terre en état, notamment en la rendant plus meuble et plus riche pour recréer un sol vivant, avant de végétaliser l’espace pour que s’y développent la faune et la flore. En partenariat avec une association naturaliste locale, les espèces végétales sélectionnées sont originaires d’une zone géographique écologiquement équivalente. Cela leur permettra de mieux s’adapter aux changements climatiques et de résister aux parasites locaux. Plusieurs coins de nature seront créés, pour favoriser différents écosystèmes interconnectés. Des bosquets arbustifs, une prairie et ses fleurs, un verger d’arbres fruitiers constitueront à terme différents habitats pour les animaux. Ainsi les insectes pourront passer l’hiver au chaud dans les cavités des arbres, les libellules se reproduire près de la zone humide, les lézards faire la sieste à la chaleur des pierres sèches. L’entretien répondra aux mêmes exigences de préservation des espèces, pas de tonte lorsque ce n’est pas nécessaire mais une fauche tardive à l’automne, et aucun produit chimique utilisé sur le site. La gageure de cet aménagement vient de son emplacement : en plein cœur de la zone industrielle de La Chapelle Saint-Luc.

Portrait des espèces présentes sur le site

Chardonneret
élégant

Nom scientifique :
Carduelis carduelis

Classification

Oiseau de l’ordre des Passereaux et de la famille des Fringillidés.

Lieu de résidence

Apprécie les milieux boisés ouverts, lisières, clairières, en forêt le long des cours d’eau et des plans d’eau, dans les parcs, vergers et jardins arborés.

Recherche

  • Des graines et de l’eau : le chardonneret se nourrit en voletant d’une plante ou d’un arbre à l’autre, souvent suspendu par les pattes tête en bas.
  • Des arbres et des arbustes pour installer son nid à une hauteur moyenne (entre 2 et 10 m) et se reproduire.

Particularité

Au cours de la parade nuptiale, les chardonnerets mâles sont plutôt agressifs entre eux, mais ils finissent par faire des offrandes de nourriture à la femelle. On assiste aussi à des poursuites ponctuées de nombreux cris.

Lézard
des murailles

Nom scientifique :
Podarcis muralis

Classification

Reptile de l’ordre des squamates (= reptiles à écailles).

Lieu de résidence

Aime particulièrement les vieux murs bien exposés, les tas de pierre, les rochers, les carrières, les vieilles souches de bois… Ce lézard est beaucoup plus « urbain » que les autres espèces, c’est pourquoi il est facile de le rencontrer au détour d’un muret.

Recherche

  • Toutes sortes d’insectes pour se nourrir : papillons, chenilles, criquets, grillons, pucerons, mouches, coléoptères… Mais il ne rechigne pas pour une araignée ou un ver de terre ! Les jeunes sont très friands des petites araignées.
  • Un endroit chaud et sec comme un vieux tas de feuilles mortes et de branchages afin d’y cacher ses œufs au printemps pour se reproduire.

Particularité

Sa queue casse facilement ce qui lui permet ainsi d’échapper à des prédateurs. En effet, l’extrémité « perdue » continue à s’agiter, un leurre vis-à-vis de l’attaquant. Une queue de remplacement repousse progressivement.

Hérisson
d’Europe

Nom scientifique :
Erinaceus europaeus

Classification

Mammifère de l’ordre des Érinacéomorphes.

Lieu de résidence

Des haies diversifiées, des troncs d’arbres, des tas de bois et de branchages, des feuilles mortes. Plusieurs terriers sont construits au long de l’année, la résidence d’hiver servant à l’hibernation* est construite solidement avec des feuilles sèches et de l’herbe rapportées par l’animal. Comme le domaine vital du hérisson couvre environ 3 hectares (la femelle peut parcourir de 0,5 à 1,5 km par nuit, le mâle, 3 km), il est nécessaire que ce réseau de milieux diversifiés constituant cachettes et réserves de nourriture soit important et connecté.

Recherche

  • Toutes sortes d’invertébrés pour se nourrir : la nuit, il chasse les limaces et escargots, vers de terre, scarabées, gros bousiers, perce-oreilles… Il consomme aussi quelques vertébrés (petits batraciens, reptiles, petits oiseaux et mammifères), ainsi que des végétaux (herbes, champignons, fruits et graines tombés au sol).
  • Un endroit isolé pour se reproduire et allaiter ses petits pendant quatre semaines.

Particularité

Le hérisson a une vue assez faible, mais une ouïe très fine, il peut entendre un lombric sous plusieurs centimètres de terre ! Il a également un odorat très développé qu’il utilise pour trouver de la nourriture (il peut détecter des coléoptères écrasés jusqu’à 1 mètre de distance), pour reconnaître ses congénères ou pour détecter les dangers : il sent un chien jusqu’à 11 mètres et des souris à 5 mètres.

Calendrier

75%

de la production agricole mondiale dépend de la pollinisation par les animaux.

Qu’est-ce que la pollinisation ?

C’est le transport chez les plantes à fleur du pollen des organes de reproduction mâle vers les organes de reproduction femelle (pistil) qui va permettre la reproduction d’une plante. Ce transport peut être réalisé par des animaux (oiseaux, insectes, chauve-souris, petits mammifères, même par l’Homme !) ou par le vent. Des variétés très diverses de végétaux seront plantées sur le site de Valaubia, pour attirer également une diversité d’animaux (et tout particulièrement d’insectes) et offrir aussi des ressources alimentaires aux animaux tout au long de l’année.

Source : « résumé à l’intention des décideurs (RID) du rapport d’évaluation mondiale de l’IPBES de la biodiversité et des services écosystémiques », Juin 2019, IPBES

corridor
écologique

Un corridor écologique désigne un chemin naturel entre des écosystèmes ou entre différents habitats1, permettant à une espèce (ou d’un groupe d’espèces) d’accéder à une ou plusieurs des trois fonctions biologiques majeures pour leur survie que sont l’alimentation, la reproduction et le déplacement. C’est le sens du projet d’aménagement du site de Valaubia que de recréer cette continuité écologique. Elle comprendra une prairie, un verger, des haies de toutes sortes, des milieux naturels différents et complémentaires pour la faune et la flore.

1Source : Cairn Info https://www.cairn.info/revue-sciences-eaux-et-territoires-2010-3-page-34.htm#no2

Comprendre la biodiversité avec Camille Ginestet

Camille Ginestet est chef de projets,
coordinatrice biodiversité à la Direction
Technique Grand Est de Veolia

Avec quelle vision de la biodiversité avez-vous imaginé le projet de renaturation des espaces extérieurs de Valaubia ?

La biodiversité comprend trois dimensions phares : la diversité des milieux de vie, la diversité des espèces, et la diversité au sein de ces mêmes espèces (ou diversité génétique), toutes trois essentielles à la survie de la faune et de la flore. Créer des espaces de biodiversité, c’est mettre en place les conditions pour que le milieu naturel réponde aux besoins fondamentaux des espèces qui la constituent : s’alimenter, se reproduire et se déplacer. Aujourd’hui il nous faut changer d’une part notre conception des espaces de nature, afin que nos activités humaines et nos constructions ne soient plus des « verrues » au sein d’autres espaces occupés par les autres espèces, et ainsi recréer des milieux plus « connectés » à la nature. Mais il nous faut également changer de regard sur la naturalité : pour que nos espaces dits « verts » soient réellement utiles à toutes les espèces, il faut parfois accepter qu’ils ne ressemblent pas à des terrains de golf par exemple, et qu’ils se rapprochent plus des milieux que l’on peut trouver par exemple dans un sous-bois ou dans une prairie naturelle. Pour l’aménagement des espaces extérieurs de Valaubia, nous avons donc misé sur des végétaux très diversifiés, sauvages et surtout d’origine locale.

Comment avez-vous procédé pour concevoir la stratégie biodiversité de Valaubia ?

Nous avons mis en œuvre un protocole en trois phases que nous appliquons sur chacun de nos sites. Après une phase de diagnostic détaillé sur les espèces en présence, l’état des sols et des végétaux, nous montons un plan d’action biodiversité adapté aux espèces rencontrées, et concerté avec l’équipe de l’usine. Puis le plan d’actions est décliné dans le temps pour faire prospérer petit à petit le retour de la nature dans ces espaces naturels. Il ne faut pas oublier que même si l’on veut un résultat à court terme, dans la réalité la nature prend son temps !

Quel est l’intérêt pour l’environnement de la démarche mise en œuvre à Valaubia ?

On peut s’interroger sur le bénéfice de planter une haie constituée de différentes espèces d’arbustes plutôt qu’une haie de tuyas « classique ». Il est réel, car par la diversité des espèces plantées, cette haie champêtre permet une floraison adaptée à différents insectes pollinisateurs et qui survient à différents moments de l’année. En résumé, plus de fleurs, c’est plus de ressources à disposition pour survivre. Concernant le choix d’espèces sauvages et locales, il est logique. Une espèce locale sera tout d’abord adaptée aux pollinisateurs locaux, aura plus de facilités à s’intégrer dans un environnement familier, et donc à garantir sa longévité. Elle sera mieux préparée à faire face aux changements climatiques du territoire dont elle est issue.

Comment est née la démarche biodiversité de Veolia Rhin Rhône ?

Cela a commencé à la fin des années 2000, dans un premier temps pour répondre aux obligations réglementaires. En 2016, l’adoption de la loi « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » est venue renforcer ces obligations, notamment avec l’introduction de la notion d’« Éviter Réduire Compenser » à propos des impacts sur l’environnement. Émergent alors au sein de l’entreprise une politique de préservation de la biodiversité et la volonté de mettre en place des mesures efficaces au-delà des obligations légales. Aujourd’hui nos clients ont des attentes et des exigences quant à l’impact de l’installation d’une industrie sur l’environnement. Nos collaborateurs s’impliquent : leur engagement est la garantie du succès.